Muséologie et muséographie sous l’angle du producteur
Un des principaux enjeux rencontrés dans ce projet: harmoniser les équipes de muséologie et de muséographie .
La muséologie (l’histoire que le musée veut raconter) est dirigée par le client et se veut très précise, détaillée, technique (faits, contextes, dates) et quasi exhaustive. Elle prend la plupart du temps la forme de longs textes explicatifs et parfois un peu trop spécialisés pour être absorbés par un grand public dont l’attention a – paraît-il- tendance à demeurer assez faible, et ce, particulièrement avec les textes.
Notre approche muséographique en revanche (les moyens – multimédia dans notre cas – que nous utilisons pour raconter cette histoire) cherche plutot à résumer les idées en quelques secondes et de la manière la plus intuitive, graphique et ludique possible (animations, schémas, vidéo). Moins de texte pour plus d’interactivité.
Une solution que nous avons mise en place fut de créer un binôme réalisateur muséologue (client) et réalisateur muséographe (nous), travaillant de concert à chacune des étapes de la phase de conception.
Les réalisateurs en muséologie sont parfois peu habitués à travailler pour des contenus multimédia et l’accompagnement du client lors du processus de création est ici primordial. Redoutant une simplification à l’extrême, ils nous revient de démontrer que le contenu peut être exprimé différemment avec souvent plus d’impact. Il faut pouvoir vulgariser le contenu pour un visiteur pressé mais aussi permettre aux visiteurs aguerris d’approfondir le sujet. Un mode d’exploration à deux vitesses en quelques sorte.
La direction artistique générale et la scénarisation interactive sont donc cruciales. Une bonne DA établira des codes (organisation de l’information dans l’espace physique ou dans les éléments interactifs) et une ergonomie (mode de consultation de l’information) que l’on appliquera à l’ensemble de l’exposition et auxquels le visiteur se réfèrera intuitivement.
L’interprétation graphique reste toutefois le point délicat. Trouver le juste milieu pour vulgariser le contenu tout en respectant le souci d’exactitude des comités scientifiques (cartographie, costumes, anachronismes, etc.) demeure le travail d’un bon muséographe.
